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Centella asiatica (cica) : quels bienfaits, et comment choisir son soin ?

Centella asiatica, cica, madécassoside : l’histoire réelle de la plante, ce qu’elle fait vraiment sur la peau et comment lire l’étiquette de votre soin.

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9 min de lecture

L’essentiel

  • La réputation de la centella vient de Madagascar et d’un médicament français, le Madécassol, commercialisé depuis 1961 pour les ulcérations cutanées.
  • Le Madécassol relève de la médecine ; en cosmétique, la centella sert à protéger la peau et à la maintenir en bon état.
  • En cosmétique, la centella apaise et hydrate : dans une étude de 2016, une crème à 5 % d’extrait augmentait l’hydratation d’environ 25 % en quatre semaines.
  • Sur l’étiquette, le rang de l’extrait et les pourcentages indiqués comptent plus que le mot « cica », qui n’est pas un nom d’ingrédient.
Centella asiatica (cica) : quels bienfaits, et comment choisir son soin ?

Le 12 février 1949, la revue Nature publie une note cosignée par le botaniste Pierre Boiteau sur des dérivés de la centella asiatica employés contre la lèpre. Ces travaux, menés à Madagascar, aboutissent à une crème de pharmacie toujours autorisée en France, le Madécassol. Les soins « cica » d’aujourd’hui reprennent cette plante pour apaiser et hydrater la peau au quotidien. Découvrez d’où elle vient, ce qu’elle fait vraiment et comment lire une étiquette.

Centella asiatica : de Madagascar à la pharmacie, une histoire vérifiable

La centella asiatica est une petite plante rampante aux feuilles rondes. La Pharmacopée française la décrit sous son ancien nom d’hydrocotyle. Elle appartient à la famille des Apiacées, celle de la carotte et du persil. Elle pousse surtout en Asie, à Madagascar et en Afrique équatoriale, détaille une revue de 2013 consacrée à la centella en cosmétologie. La même revue la situe dans la pharmacopée indienne dès le XIXe siècle.

On lit souvent qu’elle doit son surnom anglais, « tiger grass », à des tigres blessés qui s’en seraient servis. L’histoire documentée, elle, commence à Madagascar au milieu du XXe siècle. Le botaniste français Pierre Boiteau, qui travaille alors sur l’île, y étudie la plante avec le scientifique malgache Albert Rakoto Ratsimamanga. En 1956, tous deux décrivent dans la revue Thérapie l’emploi de l’asiaticoside, une molécule extraite de la centella. L’article porte sur des plaies rebelles, liées à la lèpre, à la tuberculose cutanée ou au lupus.

Ces recherches ont conduit au Madécassol. La base publique des médicaments date du 19 avril 1961 la commercialisation de son tube de 10 g, sous une autorisation toujours valide. La crème contient 1 % d’un extrait sec de centella, titré à 40 % d’asiaticoside et à 60 % d’acides madécassique et asiatique. Son indication tient en une ligne : « Traitement local d’appoint des ulcérations cutanées ». En 1967, Boiteau cosigne encore l’isolement de l’acide madécassique dans la centella de Madagascar. Son nom reprend madécasse, l’ancien mot français pour malgache.

Du médicament au soin : ce que la centella apporte à la peau

La réputation de la centella vient de ce passé médical. La revue de 2013 recense des travaux sur des plaies, des brûlures et des cicatrices épaisses. Plusieurs ont été menés chez le rat, ou avec un extrait titré vendu comme médicament, le Madécassol. Ces résultats portent sur une peau lésée, avec une dose connue et un suivi médical. Sur une peau saine, la même plante joue un autre rôle : apaiser et hydrater.

Le droit trace d’ailleurs la frontière : le règlement européen sur les produits cosmétiques définit un cosmétique par son but. Il est destiné aux parties superficielles du corps « en vue, exclusivement ou principalement, de les nettoyer, de les parfumer, d’en modifier l’aspect, de les protéger, de les maintenir en bon état ou de corriger les odeurs corporelles ». La réparation d’une plaie ne figure pas dans cette liste. Une crème « cica » peut apaiser, hydrater et protéger la peau. Elle ne remplace pas un avis médical devant une plaie, une brûlure ou une cicatrice.

Les bienfaits de la centella asiatica en cosmétique : apaiser et hydrater

En cosmétique, les études mesurent ce qui compte au quotidien : l’hydratation et le confort de la peau. Dans une étude polonaise parue en 2016, 25 volontaires ont appliqué des crèmes et des gels à 2,5 ou 5 % d’extrait de centella. Ils les posaient deux fois par jour sur l’avant-bras, à côté des mêmes formules sans extrait. Au bout de quatre semaines, la crème à 5 % avait augmenté l’hydratation de la peau d’environ 25 % par rapport au départ. Elle avait aussi réduit sa perte en eau, signe d’une barrière cutanée plus solide. Après une irritation provoquée, la peau qui avait reçu l’extrait rougissait moins.

+ 12 %

d’hydratation de la couche cornée : c’est ce que l’extrait de centella ajoutait à lui seul. Sur l’avant-bras de 25 volontaires, la crème à 5 % d’extrait faisait 12 % de mieux en quatre semaines que la même crème sans extrait ; les 25 % comptent aussi l’effet de la crème de base. Indian Journal of Pharmaceutical Sciences, 2016.

Ce dosage de 5 % est rarement affiché : une liste d’ingrédients ne donne en général que l’ordre. Les études plus récentes testent souvent des crèmes complètes. En 2025, une étude menée à Canton a suivi 88 femmes à la peau sensible. Elles appliquaient une crème associant extrait de feuille de centella, céramide et panthénol. Au bout de quatre semaines, rougeurs, tiraillements et démangeaisons avaient nettement reculé.

Dans un essai lyonnais de 2008, la centella était associée à la vitamine C. Pendant six mois, 20 femmes ont appliqué une crème au madécassoside (0,1 %) et à la vitamine C (5 %). Leur peau a été jugée plus souple, plus ferme et mieux hydratée, avec un progrès chez deux participantes sur trois.

Centella, madécassoside, cica : lire l’étiquette pour choisir son soin

Sur l’emballage, la centella apparaît sous plusieurs noms, et aucun ne dit à lui seul la dose. Sa place dans la liste donne un premier repère. Les ingrédients y sont classés du plus abondant au moins abondant, rappelle l’Institut national de la consommation. Seuls ceux présents à moins de 1 % peuvent figurer dans le désordre. Le mot « cica », lui, n’est pas un nom d’ingrédient : on ne le trouve que dans le nom des produits.

1 %

C’est le seuil sous lequel un ingrédient peut figurer dans n’importe quel ordre, en fin de liste, rappelle l’Institut national de la consommation. Au-dessus, le rang suit la dose ; en dessous, seul un pourcentage indiqué par la marque renseigne sur la quantité de centella. INC, avec la DGCCRF.

Les noms ci-dessous indiquent quelle partie de la plante ou quelle molécule entre dans la formule. Ils n’en donnent pas la quantité, sauf quand la marque ajoute un pourcentage entre parenthèses.

Nom dans la liste Ce que c’est À regarder
Centella Asiatica Extract Extrait de la plante, sans précision de partie Son rang, et un pourcentage s’il est indiqué
Centella Asiatica Leaf Extract, Centella Asiatica Leaf Water Extrait ou eau tirés des feuilles En tête de liste, l’eau de feuille remplace l’eau de la formule
Madecassoside, Asiaticoside, Madecassic Acid, Asiatic Acid Les quatre molécules phares de la plante, ajoutées une à une Leur rang, et leur dose en ppm ou en ppb quand la marque la donne

La liste du PESTLO Pantherecipe Nonicica Soothing Serum s’ouvre sur l’extrait de centella, à 40,68 %, suivi d’un extrait de noni : la plante entière porte le soin, et les quatre molécules phares complètent la formule. La NOAV Ectopanthenol Spa Ampoule associe l’extrait et les quatre molécules, sans dose indiquée. Ils y viennent après le panthénol, l’ectoïne et le squalane, que sa fiche présente comme ses ingrédients clés.

Le médicament et le cosmétique ne s’écrivent pas non plus de la même façon. Le Madécassol indique un extrait sec titré, c’est-à-dire dosé en molécules. Une liste d’ingrédients nomme l’extrait sans dire sous quelle forme ni à quelle teneur. Deux soins à « Centella Asiatica Extract » peuvent donc différer beaucoup, même au même rang.

Centella et peau sensible : pour qui, sous quelle forme, avec quelles précautions

La centella convient d’abord aux peaux sensibles, qui rougissent ou tiraillent après le nettoyage, le rasage ou le froid. Elle accompagne aussi les peaux grasses. Le gel-crème IUNIK Centella Calming Gel Cream remplace l’eau par de l’eau de feuille de centella, à 68,5 %. Il y ajoute de la niacinamide et de l’eau d’arbre à thé, dans une texture légère. Sa fiche signale une huile de bergamote, un agrume photosensibilisant, et demande donc une crème solaire le matin.

Côté forme, le sérum se pose après la lotion tonique et avant la crème, comme dans notre routine visage matin et soir. Un masque hydrogel peut prendre le relais les soirs où la peau chauffe. Comme tout extrait de plante, la centella peut aussi provoquer une réaction. La revue de 2013 juge les effets indésirables rares, mais cite des allergies locales et des sensations de brûlure. La notice du Madécassol mentionne elle aussi une « possibilité de réactions cutanées de sensibilisation ».

Pour une première fois, testez donc le soin sur une petite zone, par exemple sous la mâchoire, avant de l’étendre au visage. Sur une peau très réactive, regardez aussi en fin de liste si la formule contient un parfum.

Chez Fiveaven, nous voyons la centella comme une alliée du confort de la peau. Son histoire est réelle, mais elle appartient à la médecine. En cosmétique, elle apaise et hydrate au quotidien les peaux qui rougissent vite. Les fiches de nos soins à la centella publient leur liste d’ingrédients. Vous pouvez y repérer la plante, son rang et, quand la marque le donne, sa dose. Nos soins pour peau sensible sont réunis dans une même catégorie. Si vous hésitez sur votre type de peau, notre diagnostic de peau vous oriente en quelques questions.

Vos questions

Une crème à la centella convient-elle après les boutons ?

Oui : une crème « cica » apaise les rougeurs qui accompagnent les imperfections et garde la peau confortable. Pour une cicatrice d’acné marquée, un dermatologue vous présentera les solutions adaptées.

Peut-on associer la centella à la niacinamide ou au rétinol ?

Oui. Beaucoup de formules réunissent déjà centella et niacinamide, comme le gel-crème IUNIK cité plus haut. La fiche du sérum PESTLO le destine même aux peaux sensibilisées par le rétinol. Introduisez un seul nouveau soin à la fois, pour savoir lequel convient à votre peau.

La centella convient-elle aux peaux grasses ?

Oui, surtout en gel ou en eau de feuille, comme dans le gel-crème IUNIK, pensé pour les peaux mixtes à grasses. Pour les pores et les points noirs, associez-la plutôt à un soin à l’acide salicylique. Notre article sur les pores dilatés et les points noirs le détaille.

Peut-on être allergique à la centella ?

Oui, comme à tout extrait de plante, même si c’est rare d’après la revue de 2013. Testez un nouveau soin sur une petite zone avant de l’appliquer sur tout le visage. Arrêtez-le en cas de rougeur, de démangeaison ou de brûlure.

Sources

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